18.09.2008
Prix: Rolin dans la fosse aux lions
| Olivier Rolin à Strasbourg: La part du lion dans les prix? | ![]() | ![]() |
| Olivier ROLIN sera ce vendredi 20 septembre à Strasbourg. A l'invitation de la librairie Kléber, il participera à une rencontre littéraire animée par Caroll de Maîstre, psychanalyste et rédactrice en chef de Realtio-europe, au restaurant Le Strissel (place du Cochon de lait), à 20 heures (entrée libre, dans la limite des places disponibles). "Un chasseur de lions"? Un livre inspiré par un tableau de Manet. Impressions de lecture.. "Un chasseur de Lions" : Une fresque vivante et foisonnante Olivier Rolin est un écrivain talentueux, auteur de l'invention du monde en 1993, de Port Soudan récompensé par le prix Fémina en1994, et de Tigre en papier qui frôlera le prix Goncourt en 2002. Olivier Rolin quitte le périphérique de Tigre en papier et part sur la piste d un autre fauve.. Laissons- nous dévorer et régaler par son dernier roman Un chasseur de lions publié au Seuil. On peut souhaiter à quelques jours du prix Goncourt, qu'il se taillera la part belle du lion. En attendant la chasse est ouverte. L'écriture est esquisse chez Rolin, un amoureux de la langue et des Belles lettres. Le temps et l'espace sont habités par la littérature.
Autour de ces trois figures que réunit le tableau, de ses destins croisés Olivier Rolin construit un récit digressif dont il a le secret et qui en fait le grain singulier de son oeuvre, teinté d'allégresse et de mélancolie, d'humour et d'ironie, et d'une ébouriffante érudition. Il nous balade de chapitres en chapitres, titrés merveilleusement par des noms animaliers, à travers des scènes d'époques parfaitement restitués, le tout dans une langue superbe et savoureuse émaillée de mots rares, un peu disparus comme « olibrius » ou « coquecigrue ». « J'aime bien une langue moderne qui tienne compte des strates anciennes ». Revisitant l'histoire, le combat de l'art mené par Manet, les luttes de la fin du XIXe siècle, de la commune aux révolutions latino-africaines, reliant les XIXe et XXIe siècle en enjambant les lieux et les continents, Paris et les grands boulevards, Lima, Pérou, Valparaiso, Santiago, Une pénétrante méditation sur le destin de l'homme, sur l'héroïsme et sur le désenchantement du Monde. Caroll de Maîstre
SES ŒUVRES Romans * Un chasseur de lions, éd. Seuil, 2008 * Suite à l'hôtel Crystal, éd. Seuil, 2004 Essais * Paysages originels, éd. Seuil, 1999 * (sous le pseudonyme d'Antoine Liniers), « Objections contre une prise d'armes », dans François Furet, Antoine Liniers, Philippe Raynaud, Terrorisme et démocratie, Fayard, 1986.
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17:50 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : livre, éditions, strasbourg, relatio-europe, rolin, critique, débats
17.07.2008
Coup de coeur pour un article de Johanna Lehr sur RELATIO
| Les Bienveillantes de Jonathan Littell : Histoire d'« une bévue ». | ![]() | ![]() | ![]() |
| par Johanna Lehr, avec la collaboration de Daniel Lehr L'événement de la rentrée littéraire française 2006 poursuit sa trajectoire internationale, la scansion des traductions imprimant son rythme aux polémiques qui naissent dans son sillage. À l'heure où Les Bienveillantes déferlent sur le marché israélien, les débats redoublent d'intensité douloureuse quant à la question de la légitimité même d'une telle écriture fictionnelle. Pour Littell, « un nazi sociologiquement crédible n'aurait jamais pu s'exprimer comme (son) narrateur[1] ». Lanzmann avance la même idée, mais pour critiquer le livre : aucun des anciens nazis qu'il a rencontrés au cours du tournage de Shoah n'a jamais parlé[2]. Littell revendique en réalité sa liberté d'auteur, trop souvent oubliée par les divers critiques qui cherchent à lui faire endosser un costume d'historien qu'il s'obstine à repousser d'un revers de phrase : « Max Aue est un rayon X qui balaye, un scanner. Il n'est effectivement pas un personnage vraisemblable. Je ne recherchais pas la vraisemblance, mais la vérité. Il n'y a pas de roman possible si l'on campe sur le seul registre de la vraisemblance. La vérité romanesque est d'un autre ordre que la vérité historique ou sociologique.[3] » Nous ne nous attacherons pas ici à débusquer les « invraisemblances historiques » qui lui ont été reprochées ailleurs pour invalider le bien fondé ou la résultante de sa démarche littéraire : à notre sens, les critiques s'annulent d'elles-mêmes lorsqu'elles se placent sur ce terrain extérieur à la dimension littéraire de l'objet. Ces « invraisemblances historiques » sont cependant hautement intéressantes à nos yeux, mais pour une raison tout à fait inverse : elles constituent en tant que choix narratifs un point de départ significatif pour questionner la construction du roman. L'intentionnalité de l'auteur fonctionne comme un révélateur : une œuvre artistique, en s'inscrivant dans l'histoire, transcende forcément les limites du projet délibéré, et s'avère dépassée par les commentaires que l'œuvre suscite. |
01:15 Publié dans point de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire, essais, critique, nazisme, relatio-europe, livre, littel
16.07.2008
Défendre la psychanalyse: La pétition sur Relatio-Europe
| « Arrêtez l'arrêté ! », par Caroll de Maistre (Psychanalyste et rédactrice en chef de Relatio Europe)
PSYCHANALYSTES, VOS PAPIERS! PSYCHANALYSTES, PAS MORTS... La lutte contre le charlatanisme, oui. Il se niche dans toutes les professions... La dénaturation de la psychanalyse, non ! Les politiques, en France, tentent de règlementer , à leur manière, les métiers liés aux psychothérapies. Pourquoi pas ? Mais pas n'importe comment, pas en détruisant ce que la psychanalyse peut et doit apporter dans cette société en mal de deshumanisation. La psychanalyse, discipline bien spécifique et bien dérangeante, ne veut pas et ne doit pas se laisser « enchainée ». Elle est clinique de la subjectivité, écoute particulière ("flottante") de la personne en analyse, le Sujet respecté dans sa spécificité, dans son humanité, dans sa singularité.
Un "techno-psy"n'est pas un psy, souligne justement Miller. Freud le disait déjà: La psychanalyse ne doit pas se laisser engloutir par la psychologie... Un nouvel arrêté, mis au point par le ministère de la santé et défendu par celui de la recherche et des universités, après de multiples tentatives de « règlementations » faites (en vain) depuis cinq ans (et notamment depuis l'amendement Accoyer de 2004) a relancé une polémique bien française qui est suivie de près en Europe. Freud n'a-t-il pas marqué toute la pensée européenne contemporaine ? Les enjeux ne concernent-ils pas la vision européenne de la psyché, si différente du faux modèle technicien américain? RELATIO-Europe fait le point sur un débat qui concerne la nature même de la société.
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16:40 Publié dans réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, europe, santé, université, recherche, psychanalyse, relatio-europe
15.05.2008
Sur relatio-europe.eu
| Le jeune théâtre européen de demain | ![]() | ![]() | ![]() |
![]() Festival Premières 2008 à Strasbourg: Les débuts de jeunes metteurs en scène. Evénement européen. Pour sa quatrième édition, Premières c’est quatre jours durant….10 spectacles, 7 pays du 5 au 8 juin à Strasbourg..Un marathon de théâtre, pour bien finir la saison … Avec des révélations : c’est le théâtre de demain qui va s’afficher. Nouvel engagement pour Strasbourg, capitale démocratique de l’Europe mais aussi ville où l’art théâtral occupe une place importante. Le théâtre National de Strasbourg et le Maillon ouvrent le Festival Premières. Celui-ci s’est imposé comme le rendez-vous important des jeunes metteurs en scène venus de toute l’Europe. Cette année : Allemagne, Belgique, Suisse, France, Portugal, Suisse, Russie. L’occasion de rencontres, entre eux, avec le public mais aussi avec des professionnels. Ces jeunes talents nous présentent leurs premiers travaux pendant quatre jours. De ces premières mises en scène nous aurons l’occasion de découvrir autant d’individualités, de personnalités naissantes, de parcours divergent et des identités propres aux écoles de théâtre dont ces jeunes metteurs en scène sont issus. Le festival est aussi l’occasion d’interroger le renouveau des formes dramatiques et de mettre en perspective les enjeux qui président la création théâtrale dans les différents pays européens. L’enseignement, la formation, la transmission et les écoles sont au cœur de la réflexion sachant que pour tel ou tel pays l’enseignement de la mise en scène n’existe pas ou peu. Premières est une plateforme européenne de l’émergence de nouvelles générations, un tremplin à saisir avec l’opportunité d’intégrer les circuits de diffusion européens. Aujourd’hui, de moins en moins de possibilités s’offrent à ces jeunes metteurs en scènes de montrer leurs travaux ce qui posent de véritables questions sur la professionnalisation, les moyens de production et diffusion et enfin quelle place dans nos sociétés au sortir de l’Ecole. Des débats, des tables rondes , des concerts complèteront ce programme. Premières a réussi le pari dès sa première édition que des jeunes talents s'affirment et se confirment depuis leur premier passage à Strasbourg Premières a été aussi pour l'Ecole du TNS, première école d'art dramatique à former de jeunes metteurs en scène, l'occasion de se mettre en réseau avec d'autres écoles de théâtre en Europe en accueillant des stagiaires et permettant à ses propres étudiants d'être en stage à l'étranger. Pour cette édition les élèves de l'école du TNS seront de la partie avec deux spectacles de fin d'étude ; Cris et chuchotements d'après Ingmar bergmann et Macbeth (inquiétudes) d'après William Schakespeare. Premières c’est une invitation au voyage, un kaléidoscope à découvrir à travers un théâtre de forme et de texte sous le prisme de jeunes talents en devenir. L’Europe du théâtre de demain prend ses quartiers d’été dans sa métropole rhénane. Caroll de Maistre http://www.relatio-europe.eu/ JEU 5 VEN 6 SAM 7 DIM 8 JUIN 2008 Renseignements/réservations Maillon 03 88 27 61 81 /www.le maillon.com TNS 03 88 24 88 24 /www.tns.fr |
15:50 Publié dans théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : strasbourg, théâtre, culture, europe, jeunes, relatio, de maistre
17.04.2008
Demeures de l'Ailleurs
Daisy Esther Cohen-Forté s'en est allée mercredi 16 avril 2008
Le Caire, Paris, Mulhouse, Tel-Aviv, Dallas, Chicago, Montpellier, Strasbourg...
Aléha ha-chalom
"Je viens enterrer César, pas pour faire son éloge.
Le mal que les hommes font leur survit;
Le bien est souvent enterré avec leurs os".
Shakespeare
Comme chacun d’entre-nous pensant à elle, c’est d’abord à de la vie ensemble que je pense, monologuant ce qu’on appelle des souvenirs, qui l’étaient déjà quand des occasions nous réunissaient. « Vous vous souvenez ! » Il est vrai que Pauline si aimante était notre source d’inspiration. Vous l’aimiez tant. Hier encore, avant son retour à Chicago, vous lui disiez « Oui Mon Cœur ».
Elle vous pleure. Son chagrin est immense.
"Supportez ma peine.
Mon coeur est là, dans le cercueil avec César
Et je dois attendre qu'il me revienneé".
Shakespeare
Je vous aimais
Nous Vous aimons.
12:20 Publié dans personnel | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : forte, famille, mort, deuil, pensée
15.04.2008
L'EUROPE, cette emmerdeuse
A paraître le 9 mai 2008
L’EUROPE, cette emmerdeuse de Daniel Riot, avec Sandrine Kauffer.. Préfaces de Bernard-Henry Lévy et André Glucksmann .City éditions ( Hachette Livres distribuion)
Daniel Riot et son emmerdeuse d’Europe. Une histoire d’amour. L' histoire d’un homme. L' histoire d’une vie.
Daniel Riot place l’Europe au cœur de sa réflexion et de son travail intellectuel. C’est sans doute parce que l’Europe ne va pas de soi, qu’elle est toujours à questionner, à améliorer, à construire. Son désir d’Europe n’a pas de frontière. C'est davantage une quête qu’une conquête.
Qu'est ce que l'Europe ? Une civilisation ? Une raison de vivre ? Un monde sans guerre ? Une harmonie ? Une étude du monde ? Pourrions-nous ex-sister sans Europe ?
Dans son ouvrage l’Europe cette emmerdeuse, Daniel Riot nous propose une lecture de son Europe. Un rêve d’Europe. Une Europe rêvée. Une Europe en devenir. Une Europe pour le meilleur pour nous défendre du pire.
Les fulgurances ne sont pas rares. A ne pas manquer!
Caroll de Maistre

- ISBN-10: 2352881544
- ISBN-13: 978-2352881544
16:55 Publié dans Coups de plume | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : livres, édition, europe, journalisme, riot, relatio, web
31.05.2007
Adieu à Philippe Lacoue- Labarthe
De nous deux, de nos rencontres, de nos échanges intimes, je serai dans la pudeur du silence. Je sais trop bien que les morts comblent nos vœux au-delà de toutes nos espérances.
« De lui je ne sais rien que l’acte et que la mort.
L’une à l’autre ne donne aucune autorité
ni celle-là pourtant d’avance inscrite ni
l’autre le premier (ou peut-être le second)
où ne se lit nulle épitaphe nul indice
qu’il savait proche l’orage d’une sanction.
Aussi bien de toujours ne l’avait-il pas dit ? »
(Pasolini, une improvisation)
La revue Lignes, dirigé par Michel Surya, vient de reparaître avec un très beau numéro consacré à la pensée de Philippe Lacoue-Labarthe, philosophe, germaniste, homme de théâtre et de musique, disparu le 28 janvier 2007.

15:35 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : puhilosophie, litterature, revue, livre, culture, université, strasbourg
26.05.2007
Lettre au Monde pour l'Etre au Monde
Il serait très beau qu’il y eut un Dieu créateur du monde et une providence pleine de bonté, un ordre moral de l’univers et une vie future, mais il est cependant très curieux que tout cela soit exactement ce que nous pourrions nous souhaiter à nous-mêmes. (Freud)
Que pourrait être une Société rêvée ?
A cette question, aucune réponse n’épuiserait la question. Ce qui n’empêche pas de rêver à une Société qui permettrait à chacun de l’habiter avec : dignité, raison, respect, courage, responsabilité, politesse. Une Société qui garantirait à chacun d’être reconnu, de lui faire une place et marquer sa place dans la communauté humaine. Venir au Monde ne signifie pas seulement naître pour ses parents, porteurs du désir de la vie, mais naître pour ce qui les dépasse, naître pour l’Humanité. L’Homme arrive dans le monde du pourquoi et du comment. Dans le mystère d’Être là.
22:50 Publié dans Coups de plume | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : strasbourg, poitique, ides, sociéte
Nous vivons une époque formidable…..
Ceux qui croient que le pouvoir est amusant confondent « pouvoir » et « abus de pouvoir » (André Malraux).
Daniel Riot, ancien éditorialiste aux DNA, ancien Directeur de la Rédaction européenne à France3, spécialiste de l’Europe et de ses institutions, critique, intellectuel, écrivant, vient d’être évincé par le tandem de la ville de Strasbourg des « Entretiens du Conseil de l’Europe » qui doivent se dérouler le 30 mai. Organisé par le Conseil de l’Europe en partenariat avec la Ville de Strasbourg cette manifestation n’en est pas à sa première diffusion. Daniel Riot, en avait été l’inspirateur et le modérateur. Aujourd’hui son engagement personnel au Mouvement Démocrate et son soutien à Chantal Cutajar lui valent « nocences » et censure.
"On lie les boeufs par les cornes, et les hommes par la langue" (Pierre Legendre)
12:45 Publié dans Coups de plume | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : strasbourg, politique, bayrou, presse, europe, démocratie, religion
21.05.2007
Renaud Camus, un homme bien doux…
Promenade, nourritures terrestres et célestes, conversation avec Renaud Camus et son ami Pierre, un samedi soir de mai à Strasbourg .Un moment de grâce. Une fête de l’Esprit.

« Il y a une manière d’entrer dans le temps sans se vendre aux puissances du temps. »
(Antonin Arthaud)
« Le Texte, c’est le champ de l’aruspice, c’est une banquette, un cube à facettes, un excipient, un ragoût japonais, un charivari de décors, une tresse, une dentelle de Valenciennes, un oued marocain, un écran télévisuel en panne, une pâte feuilletée, un oignon, etc. »
(Roland Barthes)
Renaud Camus a attaché une grande importance à cette invention ludique de Roland Barthes qui a eu sur lui un effet foudroyant et durable : la bathmologie. Tous ses travaux d’écriture s’inscrivent dans cette mouvance, le jeu des niveaux, la science des degrés. Toutes les formes possibles d’un retour à la même chose qui ne soit plus la même chose.
« La bathmologie ce serait le champ des discours soumis à un jeu de degrés. Certains langages sont comme le champagne : ils développent une signification postérieure à leur première écoute, et c’est dans ce recul du sens que naît la littérature » (R. Barthes)
Vaste laboratoire de la forme éclairante, du style, de la graphie, l’œuvre de Renaud Camus est considérable, prodigieuse : « Si on veut se mettre à lire Renaud Camus, par où commencer ? - Pour commencer à lire Renaud Camus, il est indispensable d’avoir déjà lu un livre de Renaud Camus ».
Cette œuvre est, surtout, à plusieurs entrées : les volumes du journal, les répertoires, les éloges, les élégies, les chroniques, les romans, les récits, les topographies, les miscellanées, les écrits sur l’art… et les églogues, cette vaste trilogie (Passage, Travers, Echange) dont le cinquième livre du troisième volume vient de paraître sous le titre « L’Amour l’Automne » sous la signature de J.R.G. Le Camus et Antoine du Parc.
Toute tentative de définir, de cerner, d’expliquer l’œuvre, le Renaud Camus en et par lui-même, par ses Auteurs (hétéronymes) et à travers les autres est tout simplement impossible. Ce ne serait que réducteur et nous serions bien embarrassés d’en apprivoiser toutes les nuances et l’infini complexité. Si j’ose m’en approcher, c’est parce que j’éprouve à l’endroit de ce grand écrivain et de son œuvre si singulière et fascinante une profonde admiration, et une empathie respectueuse et chaleureuse.
L’Amour L’automne
La porte des églogues s’ouvre sur un immense océan aussi fascinant que mystérieux. Leurs lectures sont de l’ordre du ravissement. La confrontation aux diversités typographiques (mallarméenne, valéryenne), le style foisonnant et maîtrisé nous ouvre des horizons inconnus qui attirent ou repoussent, selon ce que l’on est et ce qu’est notre vision du monde.
Poème pastoral et amoureux, l’églogue est pour Renaud Camus tirée du discours (ex logos), : les phrases, les mots, les situations qui tournoient autour de nous dans notre vie immédiate. Les églogues se lisent, lisent et lient (lier anagramme de lire). La lecture des églogues constitue un vaste programme de lectures et d’expériences, mais aussi de visionnages de films, de récits d’aventures amoureuses, de contemplation de tableaux, d’écoute de lieder, de voyages intérieurs, d’érudition raffinée. Une course-poursuite à travers l’ensemble des champs de la culture occidentale.
Les églogues, outils exploratoires, jeux de lumières et d'ombres et je d'ci et maintenant
Ce qui peut surprendre dans une approche consultative des églogues de Renaud Camus, c’est ce mélange étrange de styles, de typographies, de rythmes, de sonorités, d’assemblages, d’ordre linéaire suspendu qui semble donner l’impression d’un grand chaos, d’un grand désordre, d’un abandon. Pourtant, il n’en est rien. Le lien. Il n’y a que du lien dans ce texte arcadien.
A l’intérieur de ce grand mélange, de ces brassages et de ces embrasements ne cessent de se créer de l’ordre. Le lien. Plus il y a de liens, plus la séparation intervient, plus la structure est éclatée. Le lien. Par nouages, assemblages, associations, entrecroisements, collages et déchirures, glissements et refoulements, torsions et distorsions, extensions et régressions, acquisitions et déperditions. Un labyrinthe de liens qui peuvent être de toute nature, de toutes origines, empruntés à l’érudition, à l’anagramme, à l’expérience personnelle, et à tous les domaines de la connaissance.
Les églogues de Renaud Camus sont des explorations, par la constante recherche de « passages », de « traverses », par des échanges de chaque instant à travers l’espace et le temps. Des feux d’artifice d’intelligence.
Caroll de Maistre-Riot
16:20 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : litterauture, idées, livres, écriture, philosophie






Par Caroll de Maîstre



Elle n'est pas une simple technique. C'est une pratique, une praxis, qui est soumise à une condition fondamentale: être formé à la psychanalyse par une longue analyse personnelle, sur le Divan, et complétée par une formation "infinie", selon l'expression de Lacan, parmi des psys expérimentés.

