15.04.2008

L'EUROPE, cette emmerdeuse

A paraître le 9 mai 2008

 

L’EUROPE, cette emmerdeuse de Daniel Riot, avec Sandrine Kauffer.. Préfaces de Bernard-Henry Lévy et André Glucksmann .City éditions ( Hachette Livres distribuion)

Daniel Riot et son emmerdeuse d’Europe. Une histoire d’amour. L' histoire d’un homme. L' histoire d’une vie.

Daniel Riot place l’Europe au cœur de sa réflexion et de son travail intellectuel. C’est sans doute parce que l’Europe ne va pas de soi, qu’elle est toujours à questionner, à améliorer, à construire. Son désir d’Europe n’a pas de frontière. C'est davantage une quête qu’une conquête.

Qu'est ce que l'Europe ? Une civilisation ? Une raison de vivre ? Un monde sans guerre ? Une harmonie ? Une étude du monde ? Pourrions-nous ex-sister sans Europe ?

Dans son ouvrage l’Europe cette emmerdeuse, Daniel Riot nous propose une lecture de son Europe. Un rêve d’Europe. Une Europe rêvée. Une Europe en devenir. Une Europe pour le meilleur pour nous défendre du pire.

Les fulgurances ne sont pas rares. A ne pas manquer!

 

Caroll de Maistre

 

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  • ISBN-10: 2352881544
  • ISBN-13: 978-2352881544

 

21.05.2007

Renaud Camus, un homme bien doux…

Promenade, nourritures terrestres et célestes, conversation avec Renaud Camus et son ami Pierre, un samedi soir de mai à Strasbourg .Un moment de grâce. Une fête de l’Esprit.

 

 

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« Il y a une manière d’entrer dans le temps sans se vendre aux puissances du temps. »

(Antonin Arthaud)

« Le Texte, c’est le champ de l’aruspice, c’est une banquette, un cube à facettes, un excipient, un ragoût japonais, un charivari de décors, une tresse, une dentelle de Valenciennes, un oued marocain, un écran télévisuel en panne, une pâte feuilletée, un oignon, etc. »

(Roland Barthes)

 

medium_renaud_camus_livre.3.jpgRenaud Camus a attaché  une grande importance  à cette invention ludique de Roland Barthes qui a eu sur lui un effet foudroyant et durable : la bathmologie. Tous ses travaux d’écriture s’inscrivent dans cette mouvance, le jeu des niveaux, la science des degrés. Toutes les formes possibles d’un retour à la même chose qui ne soit plus la même chose.

« La bathmologie ce serait le champ des discours soumis à un jeu de degrés. Certains langages sont comme le champagne : ils développent une signification postérieure à leur première écoute, et c’est dans ce recul du sens que naît la littérature » (R. Barthes)

Vaste laboratoire de la forme éclairante, du style, de la graphie, l’œuvre de Renaud Camus est considérable, prodigieuse : « Si on veut se mettre à lire Renaud Camus, par où commencer ? - Pour commencer à lire Renaud Camus, il est indispensable d’avoir déjà lu un livre de Renaud Camus ».

Cette œuvre est, surtout,   à plusieurs entrées  : les volumes du journal, les répertoires, les éloges, les élégies, les chroniques, les romans, les récits, les topographies, les miscellanées, les écrits sur l’art… et les églogues, cette vaste trilogie (Passage, Travers, Echange) dont le cinquième livre du troisième volume vient de paraître sous le titre « L’Amour l’Automne » sous la signature de J.R.G. Le Camus et Antoine du Parc.

Toute tentative de définir, de cerner, d’expliquer  l’œuvre, le Renaud Camus en et par lui-même, par  ses Auteurs (hétéronymes) et à travers les autres est tout simplement impossible. Ce ne serait  que réducteur et nous serions bien embarrassés d’en apprivoiser toutes les nuances et l’infini complexité. Si j’ose m’en approcher, c’est parce que j’éprouve à l’endroit de ce grand écrivain et de son œuvre si singulière et fascinante une profonde admiration,  et une empathie  respectueuse et chaleureuse.

L’Amour L’automne

La porte des églogues s’ouvre sur un immense océan aussi fascinant que mystérieux. Leurs lectures sont de l’ordre du ravissement. La confrontation aux diversités typographiques  (mallarméenne, valéryenne), le style foisonnant et maîtrisé nous ouvre des horizons inconnus qui attirent ou repoussent, selon ce que l’on est et ce qu’est notre vision du monde.

Poème pastoral et amoureux, l’églogue est  pour Renaud Camus tirée du discours (ex logos), : les phrases, les mots, les situations qui tournoient autour de nous dans notre vie immédiate. Les églogues se lisent,  lisent et lient (lier anagramme de lire). La lecture des églogues constitue un vaste programme de lectures et d’expériences, mais aussi de visionnages de films, de récits d’aventures amoureuses, de contemplation de tableaux, d’écoute de lieder, de voyages intérieurs, d’érudition raffinée. Une course-poursuite à travers l’ensemble des champs de la culture occidentale.

Les églogues, outils exploratoires,  jeux de lumières et d'ombres et je d'ci et maintenant 

Ce qui peut surprendre dans une approche consultative des églogues de Renaud Camus, c’est ce mélange étrange de styles, de typographies, de rythmes, de sonorités, d’assemblages, d’ordre linéaire suspendu qui semble donner  l’impression d’un grand chaos, d’un grand désordre, d’un abandon.  Pourtant, il n’en est rien. Le lien. Il n’y a que du lien dans ce texte arcadien.

A l’intérieur de ce grand mélange, de ces brassages et de ces embrasements ne cessent de se créer de l’ordre. Le lien. Plus il y a de liens, plus la séparation intervient, plus la structure est éclatée. Le lien. Par nouages, assemblages, associations, entrecroisements, collages et déchirures, glissements et refoulements, torsions et distorsions, extensions et régressions, acquisitions et déperditions. Un labyrinthe de liens qui  peuvent être de toute nature, de toutes origines, empruntés à l’érudition, à l’anagramme, à l’expérience personnelle, et à tous les domaines de la connaissance.

Les églogues de Renaud Camus sont des explorations, par la constante recherche de « passages », de « traverses », par des échanges de chaque instant à travers l’espace et le temps.  Des feux d’artifice d’intelligence.

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11.05.2007

Contrainte d’Ecrire pour Exister

 Variation autour d'un ouvrage. A la demande de François Wolferman qui, pour la librairie Kléber prépare un petit catalogue original de suggestions de lectures pour l'été.

Singulière expérience. Ecrire sur un livre que j’ai aimé, sans retour au texte, par d’autres traverses que la critique littéraire traditionnelle. Une écriture de la mémoire et de l’oubli pour devenir le sujet écrivant d’une de mes lectures. Mais quel livre de quel auteur choisir ? Destinée à la marinade, j’attends, comme une huître rêveuse, le souvenir du livre qui m’aimante…Quand un mot éclot!

Insistant, ce mot s’impose  « contrainte ». Contrainte puisque François W m’assigne. Contrainte parce que m’imposant le souci de ne rien laisser au hasard je le soumets à l’épreuve de l’association : contrainte…tiroir, ouvroir. Ouvroir, mot déclic : Ecrivains Oulipiens. Ecrivains de la contrainte.

« Ce jeu insensé d’écrire », dont parlait Mallarmé, a dû être au cœur de la fascination qu’a exercé cet écrivain sur moi : rapport jubilatoire aux mots et aux lettres. Un manipulateur de l'artifice littéraire, un Homme de Lettres et… d’alphabet. La lecture de ses textes m’a procurée des emportements de plaisir : éblouissements de langage d’une incandescence mystérieuse. Avec son écriture compulsive, ses descriptions minutieuses, son désir maniaque d’ordonner, son goût obsessionnel des listes, sa planification du temps et de l’espace, ses constructions langagières. Avec cette architecture savante qui en faisait un écrivain inclassable, talentueux mais aussi un homme pathétique. Ecrire ? Sa façon de s’approprier le monde. D’être au monde. Ecrire pour exister. De qui s’agit-il ?

P erce le silence

E crivain oulipien

R estaure le passé

E crit pour sur vivre

C ontrainte pour dire

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PEREC

Ce livre est le plus poignant et le plus accompli de Perec. Avec une vitalité désespérée dans son enquête sur son passé oublié et ses souvenirs confisqués il nous embarque, à la recherche du temps perdu, sur un radeau instable : les courants et les contre courants troublent notre confort de voyageur. "Je n'ai pas de souvenirs d'enfance. L'Histoire avec sa grande hache avait déjà répondu à ma place : guerre, camps". Ce texte s’ouvre sur deux récits alternés qui semblent ne rien avoir en commun et sont pourtant inextricablement enchevêtrés ». « Mais pourquoi deux ? Pourquoi deux paroles pour dire la même chose ? (…) C’est que celui qui la dit, c’est toujours l’autre. » (Nietzsche)

Le premier texte, qualifié d’imaginaire, est construit à partir d’un fantasme enfantin : une cité régie par l’idéal olympique, métaphore des camps de concentration. L’autre est une autobiographie presque sans… souvenirs.

W eh, oï, weh

 

O mbres insensées

U surpe le temps

 

L ieu de l'antre

E tre et néant

 

S ouvenir évanoui

O ubli

U nivers rêvé

V ie

E sthétique du manque

N é

I le mystérieuse

R epère

 

D ire l’absence

E crire comme vouloir

N oyau du livre

F iction olympique

A utobiographie

N ouage de lettres

C roix gammée

E toile jaune

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Caroll de Maistre-Riot (psychanalyste) sous la contrainte et le signifiant W de François Wolfermann. A la manière de (et sur) Georges Perec : « W ou Souvenir d’enfance »